L’Ouganda restera vulnérable, avec ou sans crise politique

La semaine dernière, alors que tous les événements dramatiques entourant la récente élection partielle d’Arua se poursuivent et que les députés de l’opposition arrêtés sont enfin libérés sous caution. Nous n’avons pas vu un drame politique d’une telle intensité depuis les événements de la fin de 2005, notamment l’arrestation du Dr Kizza Besigye et les élections législatives de 2006.
Ce sont des actualités qui ne sont pas nouvelles. Le menu principal des actualités en Ouganda et dans la plupart des pays d’Afrique est le drame politique. Les premières pages des journaux parlent presque toujours d’événements politiques.
Quels sont les événements clés et les développements nationaux dont nous nous souvenons au cours des 56 dernières années ?

L’Ouganda et l’éternel retour de crise

En d’autres termes, la politique et la question politique, accompagnées de récits sur les abus de pouvoir, le partage du pouvoir et les violations des droits de l’homme, restent au cœur de la vie nationale.
Les analystes et chercheurs en politique se demandent souvent quand le pays va-t-il se réveiller et commencer à éluder les questions nationales de nature non politique. Celles qui sont vitales et essentielles pour le développement national.
Parmi ces questions figure la réhabilitation des infrastructures de l’arrière-pays, qui sont en ruine depuis belle lurette. Le développement industriel du pays fait aussi partie de ces interrogations, avec comme objectif l’augmentation de la production d’articles manufacturés et locaux jusqu’à 40 % des exportations nationales.

Quand le schisme politique prend en otage l’État-nation

la pauvreté en Ouganda

Quand on pense au pays sur le plan politique, on pense toujours à Kampala, à la Chambre d’État, au Parlement, aux ministres du Cabinet et au reste. Quand on voyage à travers l’Ouganda la perception est bien différente du point de vue photographique et politique.

Les photographes et ceux qui voyagent à travers le pays sont ceux qui remarquent les détails, ces petits riens qui témoignent de la situation réelle de la nation ougandaise. Le tracé des rues, les marchés délabrés et les édifices de la ville, les rivières et les canaux bouchés par les ordures, les grandes étendues de terre vides, l’infrastructure peu reluisante, toutes ces images font apparaître un pays en décrépitude, sans véritable projet de développement à long terme.

L’histoire du pays depuis l’indépendance est tellement dominée par la politique que ses dirigeants n’ont pas eu le temps, ni l’esprit d’analyse pour mettre sur pied une planification physique et économique d’un développement à long terme.

 

Le vrai visage de l’Ouganda

Lorsque vous lisez ou écoutez les discussions sur les élections partielles parlementaires très controversées à Bugiri, Kamuli, Jinja Est, Sheema, Arua et ailleurs dans le pays, vous avez l’impression qu’il s’agit de centres névralgiques de la vie politique, animés par le commerce et l’industrie.

Mais il suffit de visiter n’importe lequel d’entre eux pour s’apercevoir qu’il s’agit au mieux d’endroits comparables aux grands cantons, et au pire, à de grands villages. Vous traversez des terres marécageuses entre Kampala et Mpigi et Kampala et Mityana. Entre Lyantonde et Mbarara et entre Kasese et Bunyaruguru, il y a un vaste terrain arbustif ouvert.

Vous entrez dans des villes comme Mbale, Fort Portal, Mbarara, Jinja, Lira, Gulu, Masaka et d’autres et réalisez leurs limites. Il y a peu de magasins et de supermarchés avec une variété suffisante de biens et d’accessoires.

Les entités gouvernementales et commerciales comme les banques, les services de télévision payante, les sociétés de téléphonie mobile et autres sont généralement situées le long de la rue principale dans chaque ville, mais dans la plupart des villes de campagne, elles ne peuvent pas trouver de locaux haut de gamme à louer, même si elles ont l’argent.

Il est difficile de trouver un hébergement hôtelier adéquat avec toutes les commodités attendues aujourd’hui, comme l’Internet Wi-Fi, l’eau chaude courante et une variété de repas.

Ces limites sur le terrain rappellent les faiblesses de l’État-nation qu’est l’Ouganda et la raison pour laquelle, même si la question politique est bien résolue, l’Ouganda restera un État fragile et faible pendant très longtemps encore.

Une vulnérabilité chronique

La vulnérabilité ougandaisePeu importe qui est élu président, ministre du Cabinet, membre du Parlement ou président de la LC5, la composition géographique de l’Ouganda est quelque chose sur laquelle aucun d’entre eux ne peut travailler sans financement étranger et sans conseils et participation techniques.
Le peu sur lequel on travaille dans tout l’Ouganda, c’est le réseau routier, ironiquement par les Chinois qui ne votent même pas à la maison.

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