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Mali : Un mouvement français inattendu

Un effort militaire inattendu dans le nord du Mali mené par la France depuis vendredi a stoppé les avancées des djihadistes Ansar Dine dans les grandes villes dont la capitale, Bamako.

L’Algérie, qui partage une longue frontière avec le Mali, a autorisé l’utilisation de son espace aérien pour des raids de bombardement  » sans limite  » et la CEDEAO a salué l’offensive française.

Selon le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian, il y avait eu une « accélération spectaculaire » des groupes djihadistes depuis jeudi et s’ils n’avaient pas décidé d’intervenir « Bamako serait tombé entre les mains des rebelles en deux ou trois jours ».

« L’offensive islamiste a été arrêtée. Bloquer les terroristes…. nous l’avons fait. Les avions de combat français ont identifié et détruit ce dimanche 13 janvier, de nombreuses cibles au Nord Mali près de Gao, en particulier des camps d’entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques qui ont servi de base à des groupes terroristes », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, dans un communiqué.

Sahara Media rapporte que, craignant de nouveaux raids aériens français, les combattants djihadistes ont quitté la ville historique de Tombouctou.

Cependant, s’adressant au Guardian, le Dr Jeremy Swift, un expert du Nord du Mali, a suggéré que les rebelles sont peut-être retournés dans leurs cachettes dans les déserts pour attirer une armée malienne non préparée dans la guerre du désert.

« Les combats commenceraient au début de la saison chaude d’été, ce qui est à l’avantage d’Aqim ; ils commencent avant que l’armée malienne ait eu beaucoup de temps pour se réorganiser et s’entraîner, et surtout avant que les troupes internationales ne soient déployées.

Le Nord encore sous contrôle des islamistes

Mais si les villes de Konna et de Gao ont été libérées, le Nord Mali reste largement sous le contrôle des islamistes qui ont subi de lourdes frappes aériennes. D’autres cibles, dont Douentza et Lere, ont été bombardées.

Tard dimanche, les forces françaises, en route vers le camp militaire de Diabaly, à quelque 400 km de la capitale du pays, Bamako a bombardé la petite localité d’Agharous Kayoune, et Alatona. Mais les rapports disent que les rebelles ont attaqué et pris Diabaly lundi.

Pendant ce temps, la ville de Kidal, au nord du pays, le quartier général d’Ansar Dine et son chef Iyad Ag Ghaly ont également été ciblés en tant que soutien du Royaume-Uni, qui fournit des avions C-17, doit fournir une assistance logistique.

Ansar Dine, équipé d’armes volées dans l’arsenal abandonné de l’ancien dirigeant libyen Muammar Kadhafi, et d’armes abandonnées par l’armée malienne, qui a abandonné le nord face à l’avancée des rebelles en avril dernier, complotait pour combattre les militaires maliens dans la ville de Mopti, avant l’intervention internationale.

Les combattants islamistes se sont emparés du territoire dans le nord après un coup d’état militaire qui a provoqué des troubles politiques dans le sud du Mali en mars dernier.

Sous le régime islamiste, la musique, les cigarettes, le tabac et l’alcool sont interdits. Les femmes sont régulièrement flagellées en public pour des délits allant du fait de ne pas couvrir leurs chevilles au fait de porter du parfum ou du maquillage.

Oumar Ould Hamaha, un commandant du groupe lié à Al-Qaïda, a déclaré que les attaques n’ont fait qu’accroître le désir des rebelles pour le jihad.

« Nos djihadistes ne sont pas une bande de moutons qui attendent d’être abattus dans un enclos fermé. La France va en récolter les pires conséquences possibles. Aujourd’hui, aucun Français ne peut se sentir en sécurité partout dans le monde. Chaque ressortissant français est une cible », a déclaré M. Hamaha aux journalistes.

La décision de la France d’intervenir dans son ancienne colonie intervient plusieurs mois avant qu’une force internationale soutenue par l’ONU ne soit attendue. Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait se réunir pour discuter de l’intervention qui a bénéficié d’un soutien multilatéral.

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