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Mali : Un débat majeur sur les subventions pour les soins des enfants

Une nouvelle étude montre que les soins de santé gratuits ou subventionnés aident les familles ayant de jeunes enfants à respecter les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de soins médicaux au Mali.

Anja Sautmann, professeure adjointe d’économie à l’Université Brown, avec Mark Dean, professeur adjoint d’économie à l’Université Columbia, et Samuel Brown, étudiant diplômé de l’Université Brown, a testé la théorie selon laquelle les subventions pour les soins de santé sont susceptibles d’entraîner un recours excessif aux soins médicaux ou des visites cliniques inutiles qui gaspillent des ressources médicales précieuses.

Les détails des recherches menées par l’équipe de M. Sautmann au Mali

Selon ce professeur, l’utilisation et l’utilité des soins de santé primaires dépend essentiellement de l’état de santé de l’enfant en question. Le fait de donner des soins médicaux supplémentaires à un groupe d’enfants pourrait signifier que nous sauvons des vies ou que nous gaspillons des ressources pour des enfants en parfaite santé, voire même que nous leurs mettons en danger. Lorsque nous étudions des politiques visant à modifier la demande de soins de santé, nous devons donc tenir compte de la santé sous-jacente du sujet. Et cela exige de nouvelles approches dans la collecte de données.

Pour ce faire, l’équipe a suivi 1 544 enfants maliens pendant neuf semaines et ont examiné l’impact des subventions sur les décisions de soigner les familles au moment où elles en avaient besoin. Ainsi, Le rôle des agents de santé rendant visite aux familles et leur fournissant des informations importantes sur la santé est efficient.

Sautmann et ses collaborateurs, ont travaillé avec les organisations non gouvernementales comme le Mali Health and Innovations for Poverty Action. Dans le cadre du programme Action pour la santé du Mali, les enfants ont reçu soit des soins de santé gratuits pour une série de maladies courantes, soit des visites bihebdomadaires d’agents de santé communautaires, soit les deux. Innovations for Poverty Action a fourni l’appui dans le pays pour recueillir des données détaillées sur la santé de tous les enfants.

Les agents de santé communautaire ont fourni des informations médicales destinées à aider les parents à discerner la gravité des symptômes de leurs enfants comme la toux, la fièvre, les vomissements ou l’incapacité de boire ou d’allaiter. De plus ils ont pu aider les parents à savoir quand leurs enfants devraient consulter un médecin.

Les résultats de leur test

Les chercheurs ont évalué l’utilisation efficace des soins médicaux en se basant sur l’assiduité des parents à consulter un médecin. Ils ont constaté que les subventions en Mali augmentent de plus de 250 % que la demande de soins, et ils le font surtout pour les enfants maliens malades. L’abus des soins médicaux est rare avec ou sans subvention, alors que la négligence reste relativement élevée même avec des visites gratuites chez le médecin.

La misère d'un enfant au Mali

L’équipe a constaté que les subventions réduisent le coût d’une visite chez le médecin pour une famille d’environ 65 %. Mais outre le coût de la visite elle-même, les obstacles à l’accès aux soins comprennent les frais de transport d’un enfant malade jusqu’au cabinet du médecin et le manque de travail causant un taux de chômage élevé. Par conséquent, même avec la subvention, environ 70 % des enfants maliens ayant besoin de soins médicaux ne consultent pas de médecin. Mais le programme des chercheurs ont réduit ce nombre d’environ 90%.

Étonnamment, les données démontrent que les agents de santé ont contribué aux décisions des familles de retarder ou d’éviter les visites en clinique. Si les familles apprennent des médecins que le problème de santé de leur enfants n’est pas urgente, la négligence des soins dans ce pays pourrait augmenter.

Contrairement au point de vue économique standard selon lequel les subventions sont susceptibles d’entraîner un abus et un gaspillage, l’étude a fourni aux chercheurs des informations suivantes : 3 000 répétitions de maladie et 500 consultations médicales, pour un nombre de  1.544 enfants maliens, sur une période de neuf semaines. Le professeur Sautmann explique que cette information très détaillée sur les symptômes pourrait être très utile pour la recherche épidémiologique et la politique de santé publique en Mali.

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