Boycott à cause de la montée des carburants

Maroc : La politique menacée par le boycott actuel du consommateur

Un récent boycott des consommateurs du Maroc démontre les conséquences économiques et politiques réelles de l’action citoyenne. Depuis que l’appel à l’action est apparu en fin avril, entre 40 et 60 pour cent des Marocains ont participé à un boycott impressionnant et politiquement efficace. Certains des manifestants ont utilisé l’internet et les réseaux sociaux pour contrer les trois grandes entreprises nationales en raison de leurs liens avec des personnalités économiques et politiques influentes.

Les entreprises ciblées par le boycott

Le boycott en cours de l’Afriquia (conglomérat pétrolier et gazier), du Centrale Danone (filiale marocaine de la multinationale française Danone) et de Sidi Ali (marque populaire d’eau minérale) est une manifestation de mécontentement contre la corruption politique. C’est l’une des causes résonnant non seulement au Maroc, mais aussi dans le monde entier. Les hausses de prix des produits de base pendant la période précédant le ramadan ont déclenché cette protestation contre la corruption et l’inégalité perçues.

Le secteur économique s’inquiète de la possibilité que le boycott cause des dommages à moyen et long terme à l’économie marocaine. L’une des cibles de la manifestation, Centrale Danone, a rapporté une perte de marché de plus de 50 % dans le premier semestre 2018, entraînant une baisse de prix des produits, et un message « Facebook » du PDG de la société s’adressant au peuple marocain. Récemment, la compagnie marocaine d’eau minérale d’Oulmes a officiellement parlé d’une baisse de son chiffre d’affaires en 2018. La société Oulmes est liée à la marque Sidi Ali.

Ces entreprises ciblées agissent progressivement, car le boycott se poursuit en force et les dommages économiques deviennent plus évidents. Par exemple, bien que le gaz d’Afriquia n’ait pas parlé publiquement de l’impact du boycott à ce jour, le gouvernement marocain finalise actuellement un plan pour limiter les prix du carburant afin de stopper la manifestation.

Les hommes politiques ciblés

Les protestations ont également revendiqué la carrière de plusieurs responsables politiques. Lahcen Daoudi, ancien ministre du gouvernement du PJD, a démissionné après s’être joint à un sit-in contre la grande campagne de boycott en début juin. Pour répondre aux attentes du peuple marocain, Aziz Akhannouch a déclaré sa démission au sein de son ministère à cause de ses liens avec la société Afriqua, mais jusqu’à présent, il est resté à son poste.

Actuellement, le boycott menace la stabilité politique du pays. Mais au fur et à mesure que la manifestation continue, elle peut même influencer les relations internationales.

Qu’est-ce qui a motivé la manifestation jusqu’à présent ?

Contrairement à d’autres protestations contemporaines dans le pays, ce boycott bénéficie du fait qu’il s’agit d’un mouvement mené sur internet, dont les manifestations sont faciles à comprendre et auxquels il est facile de participer. Tout cela permet une plus grande efficacité de la manifestation.

Pourquoi le boycott résonne si fortement auprès des citoyens marocains ?

Le pays a longtemps lutté contre l’inégalité, l’accès aux ressources et le manque d’opportunités. Les experts, les universitaires et les politiciens parlent régulièrement du Maroc en tant que nation à deux vitesses différentes. Le pays présente des opportunités et des règles différentes pour les Marocains de chaque classe sociale.

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