Augmentation de la corruption en Afrique

Les meilleures solutions contre la corruption en Afrique

Pour réaliser l’aspiration à un développement humain inclusif et durable en Afrique, tel qu’énoncé dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et réitéré dans la position commune de l’Afrique, les pays africains doivent reconsidérer leur approche de la lutte contre la corruption.

La contribution de Njoya Tikum

Njoya Tikum

Njoya Tikum, conseiller régional du Programme des Nations Unies pour le développement contre la corruption en Afrique et boursier mondial de l’Université Yale, apporte des contributions suivants :

Au cours des 15 dernières années, la communauté internationale de praticiens et défenseurs contre la corruption a incité les pays africains à établir des lois et des organismes de lutte contre la corruption. Car presque tous les pays africains, se sont lancés dans des réformes de grande envergure visant à renforcer la responsabilité de l’Etat et à éradiquer la corruption.

Toutefois, ces interventions n’ont pas entraîné une baisse notable de la corruption dans la plupart des régions d’Afrique. En effet, de multiples indices tels que l’Indice de perception de la corruption (IPC) de Transparency International, le Rapport sur la gouvernance en Afrique de la Fondation Mo Ibrahim et le sondage Afrobaromètre indiquent que la corruption est en hausse constante en Afrique. La question critique est donc de savoir pourquoi la légion d’interventions visant à lutter contre la corruption n’a pas donné de résultats positifs.

L’aide apporté à l’Afrique ne change rien

Avec le déficit monumental de confiance entre l’Etat et les citoyens en Afrique, s’appuyer sur les agences anti-corruption (ACA) pour combattre la corruption ne peut donner que des résultats limités. Pour de nombreux pays, la création d’un organisme d’aide pour le développement n’était qu’un prétexte de plus pour obtenir le prochain financement des organisations internationales ; les agences elles-mêmes ne sont que des façades, souffrant de faiblesses institutionnelles et d’un manque de ressources d’autant humaines que matérielles.

Dans plusieurs pays africains, le financement de l’ACA est lié à la bienveillance présidentielle au lieu d’une allocation par le biais d’un processus budgétaire national transparent. Le personnel est composé de personnes n’ayant aucune expertise technique, y compris parfois des fonctionnaires à la retraite qui ne sont plus aptes au poste. Dans ces pays, la lutte contre la corruption ne s’applique que dans des domaines prescrits par le régime politique au pouvoir. Dans certains pays, les dirigeants ont utilisé les ACA pour poursuivre les mouvements hostiles contre leurs opposants politiques.

Les solutions proposés par Njoya Tikum contre la corruption

Pour gagner la bataille contre la corruption, l’Afrique doit passer au pragmatisme et à l’action, en explorant des solutions nouvelles et innovantes :

  • Pour commencer, les stratégies de lutte contre la corruption doivent être globales et inclure des innovations en matière de gouvernance telles que l’accès libre aux données, la transparence,etc. Dans le cadre de cette approche globale, les ressources du budget national doivent être allouées directement au renforcement de la lutte contre la corruption dans le cadre des plans nationaux de développement (PND). Comme pour les autres parties des PND, des repères et des objectifs annuels et semestriels doivent être établis pour suivre les progrès des initiatives de lutte contre la corruption.
  • En outre, les gouvernements africains peuvent et devraient utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) ainsi que les outils de responsabilité sociale des citoyens. Par exemple, un certain nombre d’applications web ont été mises au point pour signaler les cas de corruption en temps réel, ce qui permet aux citoyens de trouver des solutions peu coûteuses et abordables ; et par la même occasion, permettre aux organismes de lutte contre la corruption et aux institutions de réagir rapidement avec intégrité.
  • Les organisations de la société civile (OSC) doivent jouer un rôle accru en tant qu’observateurs de la population. Compte tenu de ces responsabilités et de la nécessité pour les OSC d’être autonomes et sensibles aux besoins locaux, il est regrettable que près de 90 % des OSC de lutte contre la corruption en Afrique subsaharienne soient financées par des organismes internationaux. La stratégie de financement doit être ajustée par les gouvernements nationaux et les autres acteurs non étatiques qui assume une plus grande responsabilité dans le soutien des activités des OSC de lutte contre la corruption.

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