Nairobi, Kenya

Kénya : l’itinéraire le plus célèbre pour les trafiquants de drogue

Malgré les efforts de l’autorité du Kenya, de fréquentes saisies révèlent que les trafiquants considèrent toujours ce pays comme un point de transit valable pour les chargements de drogues à destination directe de l’Afrique et de l’Europe.

Une analyse UNODOC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime)

90% de l’opium produit dans le monde provient d’Afghanistan. Le pays voisin du Pakistan est surtout utilisé comme un centre de contrebande avec un dépôt de drogue. En fait, le plus grand nombre de laboratoires de raffinage d’héroïne se trouve à Peshawar près de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Cette ville est devenue la capitale de l’héroïne pour le Pakistan. De plus, l’opium provenant du nord et du sud du pays est collecté près des côtes pakistanaises, notamment à Makran et Karachi. De là, la drogue est expédiée le long de l’océan Indien jusqu’au Kenya, évitant prudemment les pirates somaliens. Cet itinéraire est le plus célèbre du Kenya. De ce fait, le trafic d’héroïne vers l’Afrique de l’Est peut se faire par voie maritime, aérienne ou terrestre.

La plupart des routes maritimes ne sont pas des ports régionaux. Cependant les trafiquants préfèrent rester en haute mer ou s’arrêter sans exposer leur drapeau dans certains petits ports du Kenya ou de Tanzanie, pour des raisons de sécurité. En juillet 2014, les autorités kényanes ont saisi 342,67 kilogrammes d’héroïne dans le navire d’Al Noor (aujourd’hui Khalijia 3), qui ne portait pas de drapeau, au large de l’île de Lamu, au nord de Mombasa.

Kénya, des conteneurs non fouillés

La drogue est introduite au Kenya par de petites îles, telles que Pemba et Shimoni, ou par la vieille partie du port de Mombasa. Le transport dans ces petites îles se fait généralement par voie maritime avec de petits bateaux. La législation prévue par le droit maritime international facilite l’application de la loi, vue qu’elle permet aux navires de guerre de monter à bord des navires arrêtés sur la rade si ces derniers n’exposent pas le pavillon d’un État. Ceci explique le grand nombre de crises. Le nombre élevé d’hôtels et de touristes sur l’île permet aux trafiquants de se cacher parmi la population.

Les porte-conteneurs restent l’instrument le plus utilisé par les contrebandiers pour le trafic de gros chargements d’héroïne. Par exemple, le port à conteneurs de Kilindini, qui transporte chaque année 700 000 conteneurs, est l’un des ports les plus impliqués de l’Afrique subsaharienne. Cette réputation fait suite à la saisie d’une tonne de cocaïne en 2004. Depuis lors, aucune autre saisie importante n’a été effectuée dans ce port. Le fait est qu’il est difficile d’inspecter un grand nombre de conteneurs. Par exemple, seul un pour cent des conteneurs stationnés dans le port de Kilindini est vraiement inspecté.

Il n’existe pas de méthodes alternatives de trafic, tous les modes étant complémentaires les uns des autres. L’héroïne pakistanaise destinée à l’Afrique du Sud est acheminée en contrebande jusqu’en Tanzanie.

Les types d’héroïnes introduites au Kénya

Depuis 1998, le type d’héroïne introduite en contrebande sur la côte kényane a tranquillement changé. Au début, la marchandise la plus importée en contrebande était la cassonade, appelée ainsi en raison de sa couleur brune, provenant du Croissant d’Or, de la région incluant l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan. Cette drogue n’est pas très pure et peut être facilement fumée.

L’autre type est appelée White Crest, il est beaucoup plus pure et provient généralement du Triangle d’Or, la région comprenant la Thaïlande, le Laos et le Myanmar. En fait, cette dernière est le type d’héroïne le plus populaire disponible sur le marché africain selon les rapports des dealers.

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